Lettre ouverte au sujet de la pluralité syndicale au sein de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage du Finistère (CDCFS)

Monsieur le Préfet,

La Confédération paysanne du Finistère souhaite attirer votre attention sur deux faits inquiétants : le non-respect de la pluralité syndicale au sein de la CDCFS du Finistère, seules la FDSEA 29 et la Chambre d’agriculture représentent les organisations agricoles, mais aussi la gestion défaillante des populations de sangliers, dont les conséquences pèsent lourdement sur les agriculteurs du département.

Tout d’abord, nous dénonçons l’absence totale de représentation de la Confédération paysanne au sein de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) du Finistère. Cette situation constitue une atteinte manifeste au principe de pluralité syndicale, pourtant reconnu et garanti dans les instances consultatives agricoles.

La Confédération paysanne représente un nombre significatif d’agricultrices et d’agriculteurs dans le Finistère, dont la voix, les réalités de terrain et les propositions sont aujourd’hui écartées des débats et des décisions concernant la faune sauvage et l’équilibre agro-écologique du territoire.

Cette exclusion est d’autant plus incompréhensible que la gestion actuelle du sanglier atteint des niveaux alarmants. Près de 5 000 sangliers ont éprélevés lors de la campagne 2024-2025 dans le département, chiffre en constante augmentation, qui témoigne non pas d’une régulation efficace, mais bien d’un échec structurel des politiques de régulation menées. Malgré ces prélèvements massifs, les dégâts agricoles continuent d’augmenter, mettant en péril les cultures, les revenus et parfois la viabilité même de nombreuses fermes, notamment les exploitations de petite et moyenne taille.

Les agriculteurs ne peuvent être les victimes collatérales d’un système de gestion de la faune sauvage qui privilégie une logique de chasse sans remise en question de ses causes profondes : artificialisation des milieux, céréalisation de la Bretagne, développement des cultures à vocation énergétique et du myscanthus, pratiques cynégétiques inadaptées, changement climatique qui augmente le taux de survie des marcassins et la disponibilité des ressources, absence de prévention efficace et manque de concertation réelle avec l’ensemble des organisations agricoles, diminution du nombre de chasseurs sur le territoire, notamment au sein de la population agricole.

La Confédération paysanne porte depuis longtemps des propositions concrètes : prévention des dégâts, protection des cultures, remise à plat des pratiques de gestion, permis de chasser des agriculteurs, responsabilisation des acteurs cynégétiques et reconnaissance de la diversité des modèles agricoles. Encore faut-il que ces propositions puissent être entendues.

Nous demandons donc :

  • la représentation immédiate de l’ensemble des syndicats représentatifs soient représentés au sein de la CDCFS, conformément aux résultats des élections et par respect du principe de pluralité syndicale;
  • l’ouverture d’un véritable dialogue sur la gestion du sanglier, intégrant l’ensemble des organisations agricoles ;
  • une prise en compte prioritaire des intérêts des agriculteurs impactés, dans toute leur diversité et non la poursuite d’un modèle qui aggrave les dégâts tout en prétendant les résoudre.

L’agriculture finistérienne mérite mieux qu’un simulacre de concertation et une gestion de crise permanente. Il est temps de changer de méthode, de gouvernance et de regard.

Dans l’attente de réponses claires et d’actes concrets, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.

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