FCO : la Confédération paysanne aux côtés des éleveurs & éleveuses

Les éleveurs bretons vivent une crise sanitaire sans précédent, en lien avec l’épizootie de Fièvre Catarrhale Ovine (FCO, stéréotypes 3 et 8), qui s’ajoute aux aléas climatiques, à l’incertitude de l’accompagnement financier de la transition agricole ainsi qu’aux préoccupations économiques.

Depuis quelques semaines, la maladie touche le Finistère, de manière inégale selon les secteurs, avec une concentration plus marquée dans le sud et le centre du département. La propagation de l’épizootie s’accélère, impactant fortement les troupeaux bovins et ovins. Chaque jour, des éleveurs nous alertent, souvent désemparés, sur les difficultés rencontrées :

  • Une mortalité inhabituelle ;
  • Une chute importante de la production laitière ;
  • Des avortements et une baisse importante de la fertilité ;
  • L’absence de trésorerie pour faire face aux pertes déjà subies et aux soins à engager ;
  • Et une fatigue importante, tant physique — en raison de l’augmentation de la charge de travail (soins aux animaux, allongement du temps de traite, etc.) — que morale.

Nous incitons les éleveurs et éleveuses à réaliser les analyses (prises en charge par l’État dans la limite de trois par espèce et par ferme) afin de se déclarer foyer. Cette déclaration n’entraîne aucune contrainte sanitaire ni restriction de déplacement des animaux, mais permettra, en cas de mise en place d’un dispositif d’indemnisation, d’y accéder plus rapidement.

Cela permettra également d’obtenir une vision épidémiologique plus précise, de mieux comprendre les maladies en cours, et de développer à la fois des réponses curatives et, surtout, préventives. En parallèle, nous avons saisi le préfet de région et le préfet du Finistère, car les pouvoirs publics ont la responsabilité d’anticiper et de gérer ces crises. Nous demandons notamment :

  • La prise en charge de la vaccination chez les bovins – tout en réaffirmant notre attachement à la liberté de choix pour les éleveurs ;
  • L’ouverture d’un dispositif d’indemnisations des pertes directes et indirectes ;
  • La mise en place d’une cellule d’urgence et de veille cet été, avec les services de l’Etat, les organisations professionnelles et syndicales, les services vétérinaires et la MSA pour un accompagnement social et psychologique si besoin.

Nous restons également très attentifs à l’évolution de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), source supplémentaire d’anxiété pour les éleveurs bretons. La rapidité de sa propagation et le manque d’anticipation des pouvoirs publics en Savoie et en Haute-Savoie sont particulièrement préoccupants. Nous dénonçons fermement la réponse brutale apportée jusqu’ici : l’abattage systématique de troupeaux entiers, y compris d’animaux sains — une pratique à laquelle nous nous opposons.

Nous réclamons une gestion plus humaine des crises sanitaires et un soutien financier à la hauteur des pertes subies. Face à cette situation sans précédent, nous exigeons une réponse publique rapide, cohérente, et à la hauteur de l’enjeu.

Nous restons à votre disposition si vous souhaitez recueillir des témoignages de paysan·nes touché·es par la FCO.

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