Courant décembre, la majorité des agriculteurs finistériens ayant désigné un interlocuteur « agréé pour la gestion des prairies non assurées » a reçu un message leur indiquant la variation de pousse annuelle de l’herbe pour l’année 2025. Toute perte supérieure à 30% est indemnisée par l’État à hauteur de 35% de la perte, calculée sur des valeurs correspondant au type de prairies déclarées à la PAC. Le calcul de la variation de pousse a été confié à un logiciel qui est censé prendre en compte plusieurs paramètres, notamment la pluviométrie, l’imagerie satellite et la couverture du sol.
Or, les résultats sont plus que surprenants : entre deux communes limitrophes, les pertes de production peuvent passer de 40 à 70%, sans qu’il n’y ait aucune explication agronomique, ni aucune différence de pluviométrie significative. En analysant les données, il apparaît que, dans certaines communes, aucune pousse de l’herbe n’a été comptabilisée au printemps (février, mars, avril), tandis que dans d’autres communes, c’est en automne (septembre, octobre) que la pousse est nulle ! La conséquence de ces erreurs : les montants d’indemnisation versés varient du simple au quintuple entre les fermes. Nous rappelons par ailleurs qu’en 2022, année la plus sèche depuis 1976, aucune indemnité n’avait été accordée, la baisse de pousse calculée par ce même logiciel ayant été jugée insuffisante.
La Confédération paysanne du Finistère ne peut que soutenir l’indemnisation des pertes de rendements liées à la pousse de l’herbe, encore faut-il que leur évaluation soit réalisée correctement. Elle tient à dénoncer cette situation profondément inéquitable dans les campagnes. Elle tient également à rappeler que ces fonds publics sont dépensés sur la base d’une confiance aveugle accordée par les services de l’État à un outil dysfonctionnel, et ce dans un contexte de fortes restrictions budgétaires. Chaque année, il faut se battre pour boucler le budget des mesures agro-écologiques (MAEC) qui rémunèrent des pratiques concrètes. En 2025, plusieurs MAEC (ESP3, IAE) n’ont pas pu être souscrites pour certains territoires, faute de budget.
Nous aurions préféré que les fonds d’indemnisation soient utilisés pour financer les vaccinations FCO ou pour indemniser les pertes liées à cette malheureuse épidémie. La Confédération paysanne du Finistère prend acte de cette gestion et ne manquera pas de rappeler à l’État la manière dont il utilise les fonds publics dans ce dossier.